Ma prise de conscience écologique

Le déclic

Cela fait maintenant presque 10 ans que je suis sensible aux problèmes environnementaux  et que j’essaie à ma petite échelle d’ être plus responsable et écolo dans mes comportements. J’ai eu le déclic avec le film Home de Yann Arthus Bertrand. Les clichés à couper le souffle de la nature et des peuples tranchaient tellement avec l’horreur du désastre qui s’annonçait !

 

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Depuis ce jour j’ai ressenti un sentiment d’urgence et je m’échinais à essayer d’expliquer à mon entourage qu’il fallait que l’on fasse quelque chose, que l’on change la donne avant qu’il soit trop tard. La plupart du temps on me regardait comme une illuminée, ou comme une jeunette impressionnable un peu perchée.

Les réponses récurrentes auxquelles je me heurtais souvent étaient du style : « Mais on nous dit ça depuis les années 70 ! »  ; « Mais regarde Paco Rabanne avait aussi prédit la fin du monde et il ne sait rien passé non ?! N’écoute pas toutes ces conneries! » ; « Mais Monsanto est là depuis longtemps. Tu peux rien faire ce sont des lobbies puissants » … bref des réponses toutes faites qui voulaient souvent dire « arrête de me faire chier avec ton écologie et laisse-moi dans ma bulle » … Que de désespoir, d’impuissance, d’angoisse, de colère, de peine, de tristesse j’ai pu ressentir tour à tour durant toutes ces années. Avoir ce sentiment d’être toute seule avec cette information cruelle et écrasante, ce fardeau lourd à porter que tu aimerais pourtant pouvoir partager : la planète se meurt et nous mourrons avec elle … INSUPPORTABLE.

 

Les premiers temps

J’ai eu très vite l’envie de changer ma façon de vivre : manger bio, faire mes courses à côté de chez moi si possible dans un supermarché spécialisé dans le bio, ou faire les marchés pour manger des produits locaux et de saison. Mais ce système faisait que je me suis très vite rendue compte que c’était bien plus compliqué que cela : J’étais toujours obligée de retourner dans les grandes surfaces pour acheter les trucs que je ne trouvais pas dans les magasins bio. Ça me faisait m’éparpiller et me bouffait littéralement une partie de mon week-end (je pouvais faire trois magasins différents 😦 ) …

Et puis du bio ok mais le bio c’est cher et en plus à quoi ça sert du bio quand il n’est pas local, quand il est emballé dans du plastique ou bien encore que vaut du bio vendu en grande surface ? Alors en gros il faut choisir entre manger plus sainement avec moins de pesticides mais en même temps accepter que ce bio ait pris l’avion et soit emballé ?!  Bref qu’il soit polluant quoi !! … C’est le chat qui se mord la queue, quand on y pense c’est totalement débile. On doit maintenant mettre le prix pour manger des choses qui étaient au départ disponibles à profusion, naturelles et saines… Sans compter qu’ à chaque fois qu’il y a une belle initiative pour sortir des chemins classiques, les géants de l’agroalimentaire s’accaparent le concept et le vident de toute sa substance, à coup de jolis packaging tendance green.

Je me suis mise à sans cesse tout regarder : les étiquettes, la provenance, les produits cachés etc. Autant dire qu’à maintes reprises je me suis sentie démunie face à ces étiquettes, maintes fois j’ai eu envie de baisser les bras. Et souvent je me suis remise comme tout le monde dans une bulle, en répétant des pensées magiques du style : « ça va aller… ça ira… tu dramatises trop etc ».

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Période de semi déni

Pendant cette période j’avais toujours au fond de moi la question écologique, mais je m’en sentais plus détachée, car je me lançais dans mes projets professionnels et ma vie de femme. Il faut bien l’avouer : Il n’ y a rien de plus sclérosant au monde que de devoir construire des choses (ta vie en l’occurence) en sachant qu’en fait ça n’a pas grand intérêt, car ce n’est pas ça l’urgence. Alors de jolies oeillères pour avancer, ça soulage le coeur en fait et anesthésie la tête.

Mais mes peurs m’ont vite rattrapées avec ces 3 dernières années où les médias et les gens se sont mis à en parler de plus en plus ouvertement…  Elles m’ont rattrapée quand j’ai commencé à voir sur Facebook des photos de pauvres ours polaires amaigris emprisonnés sur un bout de banquise ; Quand j’ai vu de plus en plus de signes annonciateurs qui laissaient présager du pire (feux, canicules, tempêtes etc.) ; Quand j’ai commencé à me rendre compte qu’il y avait de plus en plus de tornades en France (en France quoi!!) ; que notre climat tempéré ressemblait de plus en plus à un climat continental et que peu à peu nos jolies saisons disparaissaient ; et quand aussi on a commencé à parler de la disparition des abeilles et de toute une partie des espèces animales etc. etc… La liste est longue et m’a enfin sortie de ma bulle. Je ne cache pas qu’avant cela, une partie de moi espérait que les lanceurs d’alertes ce soient en fait trompés. Malheureusement les événements cités plus hauts me font penser que non.

 

Le projet d’ enfants

Que faire quand depuis toute petite tu veux des enfants mais que le monde dans lequel tu vis te semble moribond et dangereux? Bein tu te prends la tête pendant des mois, tu pèses le pour et le contre, tu pleures beaucoup, tu es triste souvent. Tu te sens follement égoïste. Alors que ma meilleure amie (qui a l’époque avait déjà des enfants), me disait souvent : « devenir parent c’est cesser d’être égoïste » moi j’avais le cœur gros et j’aurai aimé lui dire sur le moment que moi je ressentais tout le contraire. Du coup pendant un moment j’ai fait une croix sur les enfants.

 

… Et pourtant

Malgré toutes ces mauvaises nouvelles qui a priori donneraient envie  de jeter l’éponge je sais pas pourquoi finalement moi j’avais pas envie d’attendre sans rien faire.

J’ai multiplié les manifestations contre Monsanto, les marches pour le climat, ce qui m’a permis de rencontrer des gens dans le même état d’ urgence que moi (et ça ça fait du bien!). J’ai continué à m’intéresser à tout ce qui touchait de près ou de loin à tout ça et du coup j’ai commencé à développer ma réflexion sur le futur dont je rêvais.

Dans un premier temps, je me suis dit : « Finie, cette vie de métro, boulot dodo! Moi je veux une vie de qualité! Une vie authentique, faites de rencontres et de partage dans un environnement sain où il fait bon vivre. Et pour cela je dois me bouger et construire avec d’autres un nouveau monde et ne plus rester là inerte, pétrifiée par la peur! »

J’ai découvert le mouvement SLOW LIFE qui m’a tout simplement donné l’ envie de prendre le temps. Prendre le temps de savoir ce que que je veux faire vraiment, prendre le temps d’élever mes enfants, ne plus courir après le métro et contempler un peu plus la vie. Déménager à Toulouse puis à Tours fut un premier pas positif dans mon changement de vie, car je n’avais plus la tête dans le guidon, je pouvais enfin me poser pour réfléchir.

J’avais décidé de voir le verre à moitié plein et de faire des choses constructives. Oui car en lisant ces lignes ça n’a peut-être pas l’air mais je reste une grande optimiste.

De fil en aiguille et grâce au biais de supports comme Instagram j’ai découvert avec joie des moyens alternatifs pour vivre autrement, afin de changer les choses à mon échelle dans ma vie de tous les jours. Je dis bien avec joie car il a fallu presque 10 ans pour que je trouve enfin des choses qui fassent écho en moi, et pour que je trouve des gens qui m’offrent enfin des solutions. Je n’étais plus SEULE!! Et je découvrais que des tas de gens était prêts à relever le défi d’un monde meilleur. Et que de l’horreur finalement naissait un formidable élan vital de solidarité, qui ne cherchait qu’à grandir encore et encore. Voir des initiatives comme celles du film DEMAIN, ou plus récemment le collectif IL EST ENCORE TEMPS m’ont fait un bien fou et faut bien le reconnaitre m’ont vraiment enthousiasmée!! J’étais rentrée dans un cercle vertueux où la « positive attitude » était devenue la ligne directrice.

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L’envie de faire des enfants était de plus en plus fort, nous avons finalement décidé de faire confiance en la vie et aux humains et nous avons faits nos bébés. Du jour où mes bébés sont arrivés, mon envie de leur offrir un meilleur monde s’est décuplé. Bien sûr des fois je culpabilise quand je me dis « mince dans quoi tu les as embarqué » et en même temps je me dis que le risque zéro n’existe pas : avec ou sans problèmes climatiques naître est déjà incontestablement une forme d’imprudence en soi.

Alors nous avons choisi la vie, nous avons choisi de faire le pari que l’espèce humaine n’irait pas jusqu’au bout de ses tendances suicidaires. Et nous avons choisi de faire partie du petit groupe d’humains qui essaient d’apporter un nouveau souffle à ce monde poussiéreux et malade, avec un peu plus de joie, de lumière, de partage, d’amitié et de simplicité.

Car le changement j’en suis persuadée passe aussi par là : par une autre manière d’envisager les autres, par la bienveillance, l’écoute et la communication. Arrêter de regarder le monde et les choses qui nous entourent avec indifférence et monotonie. Retrouver nos yeux d’enfants et nous dire que tout ça vaut la peine et que la beauté du monde est au bout de nos doigts, si nous nous en donnons tous les moyens. Oui je sais je suis une utopiste, une rêveuse on me l’a assez reproché dans ma vie, mais sachez qu’aujourd’hui ce sont des qualificatifs que j’arbore avec fierté et je laisserai mes enfants exprimer leurs utopies si ils s’en sentent l’envie. Car je l’espère, de tous nos désirs de paix, de fraternité et de partage partout dans le monde, pourra en rejaillir tellement de positif que le monde atteindra la vraie transition et de ce fait quittera ce système qui nous sclérose tous.

 

A travers ce texte j’ai essayé de vous expliquer mon cheminement par rapport à ce sujet qui fait partie intégrante de ma vie, encore plus maintenant que j’ai des enfants. Cela a été très dur d’en démarrer l’écriture, j’ai souvent repoussé la rédaction de cet article car il touchait à des choses très personnelles. Mais il me semble qu’il est important que je vous l’écrive afin que vous compreniez un peu plus qui je suis et le pourquoi de mes futures démarches.

 


 

Concrètement au quotidien qu’est-ce que cela a changé?

Il est très difficile de changer ses habitudes mais nous nous y attelons avec mon mari tous les jours, comme nous le pouvons. Avec les années se sont devenus des automatismes. Alors il nous reste des tas de choses à faire, à changer, à corriger (les mauvaises habitudes sont tenaces! ) mais l’envie de bien faire est là. C’est déjà ça.

 

Le foyer

  • je cuisine pratiquement tous les jours (ça évite les produits transformés et trop d’emballage. ça développe également le palais des enfants et leur curiosité face aux aliments (notamment les légumes!!!) qu’ils me voient préparer. Enfin c’est économique!)
  • j’essaie de cuisiner de saison et local (pour privilégier les circuits courts, les producteurs de la régions et pour respecter le rythme de la nature)
  • nous achetons souvent du seconde-main : déco, fringues, jouets, outils etc. (il y a énormément de choses en très bon état qui n’attendent que nous pour vivre une seconde vie. C’est bon pour la planète et pour le porte-monnaie. Si tout le monde faisait ça peut-être que les enseignes arrêteraient de produire toujours plus à outrance)
  • j’évite d’acheter trop de choses. Je me demande toujours avant d’acheter si c’est vraiment utile. D’ailleurs avec les années je commence vraiment a mal supporter d’avoir trop d’objets qui s’entassent chez moi (alors que croyez-moi pourtant nous achetons peu. Nous, nous sommes plus du genre à avoir la même TV depuis 10 ans ; nous pouvons garder 3/4ans le même téléphone portable (on attend qu’il ne fonctionne plus pour en acheter un autre), nous avons très peu de meubles.
  • nous faisons de la récup et transformons certains objets ( vive les palettes! Nous avons fait un lit et une table basse avec. J’ai également fait quelques récup pour la déco de mon mariage champêtre (ici) )
  • J’ai arrêté d’être une fashion Addict. J’ai la même garde-robe depuis quelques années, avec bien sûr des achats de temps en temps pour compléter, mais ça fait bien super longtemps que je ne me rue plus sur les soldes et que je ne dépense plus 400 euros de fringues sur un coup tête en sortant du travail.
  • A la naissance des enfants nous n’avons pas acheté 12 milles trucs de puériculture. Nous avons pris juste ce qui nous semblait nécessaire à notre confort. Pas de gadgets certes sympas mais au final inutiles et encombrants. Je peux vous dire que les départs en vacances sont toujours cool par ici et sans prise de tête!
  • pas de biberons non plus car je les ai allaités la première année. (enfin si 2 biberons en verre pour quand ils sont passés au lait artificiel )

 

[ Mea Culpa ]

Je suis loin d’être parfaite car comme tout le monde je  peux encore craquer pour des produits de la grande enseigne de meubles scandinaves, ou acheter des trucs dans l’enseigne de mode à petits prix car c’est joli et pas cher. Je continue à aller dans les supermarchés, ça m’arrive de me faire un fast-food.  Je suis également consciente de polluer énormément avec les couches de mon petit dernier, et que ce n’est pas top les mouchoirs en papier ou l’ essuie-tout. Alors loin de moi l’envie de juger qui que soit tant je sais combien le chemin du changement de ses habitudes est long et difficile. Mais je veux changer, j’ai conscience de ce qui ne va pas et petit à petit je change, nous changeons ! Aujourd’hui (ce qui n’était pas encore le cas il y a quelques années) beaucoup de choses sont faites pour que j’y arrive !

 

Les enfants

  • Nous apprenons petit à petit à notre fille de 4 ans à faire attention à l’environnement. Elle comprend par exemple l’importance de ne pas jeter ses ordures dans la nature, de ne pas utiliser trop de plastique et de respecter les animaux. Bien sûr on lui explique tout ça avec des mots d’enfants. Pour nous, les sensibiliser aux questions de l’environnement  fait partie de leur éducation et de ce que l’on veut leur transmettre.
  • Dès que l’on peut on les emmène voir la campagne, les montagnes, l’océan. Car il est très important pour nous qu’ils restent connectés à la nature. Comment ne pas prendre soin de la nature quand on contemple depuis toujours ses richesses et ses merveilles? Mes enfants sont heureux dehors à observer les insectes, à jouer dans l’herbe sous un arbre quand il fait chaud, à dormir à la belle étoile sous une tente! Rien que ça ça me remplit de joie!
  • Nous allons aux marches pour le climat avec nos enfants. Ce sont des moments de fête et de partage avec les autres. Ma fille adore y aller et scander en cœur les slogans qu’elle connait maintenant par cœur!

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Avec les années j’ai appris que manger bio ne suffirait pas à changer les choses. Il faut maintenant que je change en profondeur ma manière de consommer en général même si je pense que j’ai déjà des bonnes bases! Les cosmétiques, les vêtements éthiques, toutes les démarches éco-responsables comme le zéro déchet, qui fleurissent aujourd’hui à l’aube du grand tournant! Tellement de choses à explorer !

Ces découvertes je vous propose de les partager ici avec vous sur ce blog.

 

La cuisine

Toutes ces réflexions ont bien sûr un impact sur mes futurs projets professionnels. Forcement ma cuisine sera aux couleurs du Green mais c’est un beau challenge pour moi que je relève avec enthousiasme et fierté! Car la nourriture a une place centrale dans ce désastre et je suis heureuse de pouvoir apporter ma part dans l’édifice d’un monde plus sain,  respectueux des vivants et des saisons. Le plus dur pour moi je l’avoue (et c’est très futile je le sais bien) c’est devoir me passer de choses telles que la déco culinaire par exemple (jolies pailles, assiettes, serviettes jetables avec de jolis motifs, ballons surtout pour les fêtes des enfants). Je suis fan! J’espère bien trouver rapidement des alternatives pour continuer à faire de jolies ambiances.

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Avant tout ça j’estime qu’il faut que j’apprenne les bases de notre gastronomie que je chérie tellement. J’espère par la suite pouvoir trouver un joli équilibre entre traditions et cuisine eco-responsable (Quelle aventure!!)

Je ne pense pas un jour devenir Vegan mais je réduis par contre beaucoup ma consommation de viande.

J’ai le sentiment qu’il suffirait simplement que l’on prenne exemple sur nos aînés. Ce n’est qu’une question de bon sens et encore une fois un respect des cycles : Nos ainés mangeaient très peu de viande, mais ils en mangeaient de qualité. Ils mangeaient beaucoup de légumes et cuisinaient souvent. Il avaient des cabas pour acheter leurs courses au petit marché du coin et essayaient le moins possible de gaspiller.

Et si nous retrouvions un peu de nos ainés? Et si nous revoyons nos priorités? enfin si nous aspirions tous à une vie plus simple, moins speed, mais de qualité ? Une vie où nous pourrions profiter de nos proches sans courir partout et les voir en coups de vent? Une vie où nous prendrions le temps de cuisiner, d’aimer, de comprendre l’autre et de partager? …

j’aspire à tout cela ! Et j’espère par mon témoignage vous avoir donné envie d’y croire et de vous lancer dans la grande aventure du changement!

SLOW LIFE ! SIMPLE LIFE !  Ça, ça me va très bien !

 

#ilestencoretemps

2 commentaires

  1. très inspirante ton histoire et elle pousse à réfléchir…et elle me rappelle certaines phases de ma propre vie, c’est clair que c’est pas facile de ch

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  2. changer le monde, mais si chacun change un peu de ses habitudes de consommation ça serait déjà pas mal.
    gardons espoirs sur nos enfants et les générations futures…

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